KT200, FoxFlash, TFOX : le dossier des copies asiatiques
C'est un sujet sur lequel beaucoup d'ateliers hésitent, parce que ces outils sont très visibles en ligne et affichés à des tarifs sans rapport avec le marché professionnel. Voici ce qu'on peut affirmer sans spéculer.
Ce que dit le fabricant lui-même
DFB Technology, société italienne établie à Selvazzano Dentro et éditrice du DFOX, publie sur son site un communiqué intitulé Beware of scams! dont voici la substance : TFOX, KTM200, KT200 et FOXFlash y sont désignés comme des produits copiés d'origine chinoise. Le fabricant y évoque un taux d'erreur très élevé, une qualité de matériaux médiocre, et un logiciel qu'il qualifie de camouflé et de dommageable. Il rappelle que l'outil d'origine est le DFOX, conçu et fabriqué en Italie.
Ce n'est donc pas une rumeur de forum : c'est une position publique du fabricant, sur son propre site, avec ses mentions légales et son numéro de TVA intracommunautaire.
Ce que ces outils sont réellement
Ils se présentent comme des programmateurs de calculateurs polyvalents — lecture et écriture en OBD, bench, boot, BDM, clonage, correction de checksum. Le discours commercial insiste sur deux arguments : le prix, et des protocoles « déjà activés » ou « sans activation nécessaire ».
Ce second argument devrait alerter à lui seul. Sur un outil légitime, l'activation des protocoles est ce qui rémunère le développement. Un outil où tout est ouvert d'emblée ne finance aucun développement : il exploite celui d'un autre.
Les risques concrets
Le taux d'échec en écriture. C'est le point que soulève le fabricant, et c'est celui qui coûte. Une écriture qui s'interrompt sur un TriCore ou un AURIX laisse un calculateur inaccessible.
L'absence de protocole de récupération fiable. Vous n'avez pas de plan B.
Le logiciel. Un exécutable d'origine incertaine, souvent accompagné d'instructions de désactivation de l'antivirus, installé sur le poste qui héberge vos dossiers clients. Voir la fiche sur les risques réels.
La pérennité. Ces produits vivent tant que la source qu'ils exploitent reste accessible. Le jour où le fabricant d'origine change son protocole, l'outil s'arrête, et il n'y a personne à appeler.
La responsabilité. Si un sinistre survient sur le véhicule d'un client avec un outil de cette nature, votre position vis-à-vis de votre assureur est très inconfortable.
Le raisonnement à tenir
L'argument est toujours « pour ce prix, ça vaut le coup d'essayer ». Le calcul complet donne autre chose :
| Poste | Réalité |
|---|---|
| Économie à l'achat | Réelle, c'est l'unique argument |
| Premier calculateur perdu | L'économie est annulée |
| Immobilisation du véhicule client | Coût direct, plus le coût commercial |
| Poste informatique compromis | Peut arrêter l'atelier plusieurs jours |
| Refus de garantie de l'assureur | Le sinistre reste à votre charge |
Notre position
Nous traitons les fichiers qu'on nous envoie sans enquêter sur l'outil qui les a produits — ce n'est ni notre rôle ni notre affaire. En revanche, une lecture incomplète ou corrompue se voit immédiatement à l'analyse, et dans ce cas nous vous le disons plutôt que de traiter un fichier douteux. C'est aussi pour cela que ces outils reviennent régulièrement dans nos échanges : les fichiers qu'ils produisent posent problème plus souvent que la moyenne.
Voir aussi reconnaître une contrefaçon et les risques réels.
Source : communiqué public de DFB Technology S.R.L. sur dfbtechnology.com
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