La chute de tension : la mesure que personne ne fait
C'est la mesure la plus utile de l'électricité automobile, et la moins pratiquée. Elle trouve des pannes qu'aucun contrôle de continuité ne révèle.
Pourquoi l'ohmmètre ment
Vous testez un fil suspect à l'ohmmètre : il affiche une résistance quasi nulle. Vous concluez qu'il est bon. Il ne l'est pas forcément.
L'ohmmètre envoie un courant minuscule, de l'ordre du milliampère. Un brin de cuivre encore intact sur les vingt d'origine, ou une surface de contact corrodée réduite à un point, suffit à le laisser passer.
Mais quand le circuit doit faire passer plusieurs ampères en usage réel, ce point de contact ne suit pas. La tension s'y perd. Le composant en bout de ligne ne reçoit plus ce qu'il lui faut.
L'ohmmètre teste à vide. La panne se produit sous charge.
Le principe de la chute de tension
On mesure la tension perdue entre deux points d'un circuit pendant qu'il fonctionne, en charge.
Le voltmètre se place en parallèle, une pointe à chaque extrémité du segment à tester — pas en série, et surtout pas sur un circuit à l'arrêt.
Un conducteur en bon état ne perd presque rien. Toute la tension doit se retrouver aux bornes du consommateur, pas dans les fils qui y mènent.
Les valeurs de référence
| Segment mesuré, sous charge | Chute acceptable |
|---|---|
| Un fil ou un segment de circuit | moins de 0,2 V |
| Une connexion, un connecteur | moins de 0,1 V |
| Une masse | moins de 0,1 V |
| Un contacteur ou relais | moins de 0,2 V |
| Circuit complet, de la batterie au consommateur | moins de 0,5 V |
Au-delà, il y a une résistance parasite quelque part sur le segment : corrosion, sertissage fatigué, cosse desserrée, connecteur qui a pris l'humidité.
La méthode, pas à pas
1. Faire fonctionner le circuit — le consommateur doit tirer son courant réel.
2. Mesurer aux bornes du segment suspect, voltmètre en parallèle.
3. Découper : si la chute est excessive sur un long segment, on le coupe en deux et on recommence. On isole ainsi le point fautif en quelques mesures.
4. Ne pas oublier le retour de masse. C'est la moitié du circuit, et la moitié des pannes.
Le côté masse, systématiquement négligé
Un circuit électrique est une boucle. Le courant repart par la masse — et une masse dégradée produit exactement les mêmes symptômes qu'une alimentation faible.
Pire : une masse commune à plusieurs organes fait apparaître des symptômes sur des systèmes qui n'ont rien à voir entre eux. Un capteur qui délire pendant que les phares sont allumés, un défaut qui n'apparaît qu'à un certain régime : cherchez du côté d'une masse partagée.
Les points de masse sur carrosserie sont les premiers suspects : ils vieillissent, s'oxydent, se desserrent avec les vibrations.
Ce que ça change pour la reprogrammation
Une alimentation instable ou une masse douteuse peuvent :
- faire échouer une lecture ou une écriture, avec un risque réel pour le calculateur ;
- fausser des valeurs de capteurs, et donc envoyer sur une fausse piste de diagnostic ;
- produire des codes défaut fantômes qui reviennent sans cause mécanique.
C'est pourquoi le contrôle électrique fait partie du préalable, au même titre que l'entretien. Voir le maintien de charge.
Voir aussi le 5 volts de référence.
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