Le CAN muet : résistance de ligne, court à la masse, court au plus
« Plus aucune communication » est le symptôme le plus impressionnant et le plus simple à trancher. Un bus CAN muet, ce n’est presque jamais douze calculateurs morts en même temps : c’est la ligne. Et la ligne se mesure.
La mesure reine : 60 Ω contact coupé
- Un bus CAN haute vitesse porte deux résistances de terminaison de 120 Ω, une à chaque extrémité, câblées entre CAN H et CAN L. En parallèle, elles donnent 60 Ω.
- Contact coupé, calculateurs au repos, on mesure la résistance entre CAN H et CAN L (broches 6 et 14 de la prise OBD sur la plupart des véhicules — voir le brochage de la prise OBD). La cible est 60 Ω, à quelques ohms près.
- 120 Ω : un seul terminateur présent, l’autre extrémité est coupée ou la résistance a lâché. Le bus peut encore fonctionner mais réfléchit et devient instable.
- Environ 40 Ω : une terminaison de trop quelque part (souvent un outil ou un module ajouté). Proche de 0 Ω : court franc entre les deux fils. Valeur très haute ou infinie : ligne coupée en deux.
- Piège : certains calculateurs embarquent une terminaison commutée électroniquement, invisible à l’ohmmètre. Une mesure « fausse » ne condamne pas toujours le câblage.
- La mesure se fait au plus près : à la prise OBD d’abord, puis directement aux connecteurs des calculateurs de bout de ligne si le doute persiste, car un faisceau intermédiaire fatigué peut fausser la lecture.
Court à la masse, court au plus
- Le scope tranche ce que l’ohmmètre ne dit pas. Contact mis, on regarde CAN H et CAN L séparément par rapport à la masse.
- CAN L collé à la masse (0 V figé) ou CAN H tiré à la masse : court à la masse, les lignes ne peuvent plus s’écarter, le différentiel s’effondre.
- Une ligne collée au plus batterie (câble pincé, frottement sur un faisceau) : même résultat, le transceiver ne peut plus imposer ses niveaux. Le repos n’est plus à 2,5 V mais plaqué en haut ou en bas.
- Un bus sain oscille autour de 2,5 V ; un bus court-circuité montre une ligne plate à un potentiel parasite. C’est immédiat à l’écran.
- On complète à l’ohmmètre, ligne par ligne vers la masse puis vers le plus : une continuité franche signe le court et dit lequel des deux fils, CAN H ou CAN L, est touché.
Isoler la portion fautive
- Le bus est un arbre : prise OBD, gateway, branches vers les calculateurs. On coupe le problème en deux.
- Débrancher un connecteur de segment et remesurer les 60 Ω : si la valeur redevient correcte, le défaut est dans la portion débranchée.
- Un court franc se localise en débranchant les nœuds un à un jusqu’à ce que le court disparaisse — la méthode de l’élagage, qui mérite sa propre rigueur.
- Ne pas oublier la prise OBD elle-même : une broche qui recule dans son logement, un connecteur de diagnostic fatigué, et le bus paraît coupé alors que le faisceau est sain.
Ne pas confondre muet et endormi
- Un bus au repos normal peut sembler muet : beaucoup de réseaux s’endorment et ne parlent qu’après un réveil (ouverture de porte, contact). Avant de crier à la panne, on réveille le réseau et on regarde s’il babille.
- Un vrai bus muet reste plat même sollicité ; un bus endormi repart dès qu’on le stimule.
Sur un CAN muet, l’ohmmètre entre broches 6 et 14 est le premier geste : 60 Ω, on cherche ailleurs ; toute autre valeur, la panne est dans la ligne, pas dans les calculateurs.
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