Le capteur de régime vilebrequin inductif au scope : lire la dent manquante
Un capteur inductif de vilebrequin ne triche pas : sa signature est un sinus qui respire avec le régime, interrompu par un trou. Ce trou, c'est la dent manquante — le repère angulaire que tout le calage attend. Qui sait lire cette forme diagnostique le capteur en dix secondes, sans même sortir la fiche technique, là où le multimètre ne dira jamais rien d'utile.
Ce que le scope doit afficher
- Une sinusoïde alternative, symétrique autour de zéro, un cycle par dent qui défile devant le capteur. C'est la marque de fabrique du passif : il génère lui-même son signal par induction, sans la moindre alimentation.
- L'amplitude est faible au lancement — quelques dixièmes de volt à environ un volt crête — puis grandit franchement avec le régime, jusqu'à plusieurs dizaines de volts crête-à-crête à haut régime. Cette croissance est le test vivant du capteur : pas d'amplitude qui monte, pas de bon inductif.
- La fréquence suit le régime de façon linéaire : plus le moteur tourne vite, plus les cycles se serrent à l'écran, et compter les cycles entre deux vides renseigne sur le nombre de dents.
La dent manquante, le repère qui compte
- La roue phonique porte une ou deux dents en moins — 60-2, soit 58 dents réelles, ou 36-1 selon le modèle. Ce vide crée un repère unique dans le tour de vilebrequin.
- À l'endroit du trou, la période s'allonge et le pic qui suit le vide monte plus haut que les autres : le champ a eu plus de temps pour s'inverser, la surtension est donc plus forte. Cette bosse caractéristique est le marqueur à retrouver identique à chaque tour.
- C'est de ce vide que le calculateur tire son point mort haut de référence, et c'est aussi lui qui, en interne, transforme le sinus en front carré pour compter proprement.
Régler le scope juste
- Couplage continu, base de temps assez lente pour voir plusieurs tours, calibre en volts large au départ pour ne pas écrêter les pointes de haut régime.
- Déclencher sur le front du signal, sinon l'image défile et la dent manquante se noie dans le reste. Une masse de sonde courte, prise près du capteur, évite d'ajouter du parasite au tableau.
- Mesurer aussi au lancement, démarreur actionné : c'est là qu'un signal trop faible passe sous le seuil de détection et provoque un refus de démarrage franc.
Les signatures de panne
- Amplitude qui n'augmente pas, ou s'écroule, quand le régime monte : entrefer trop grand, roue encrassée de limaille, bobine du capteur qui faiblit.
- Sinus déformé, bruité, hérissé de parasites : blindage rompu, masse du capteur douteuse, faisceau qui capte le bruit d'allumage et fait fausser le comptage.
- Dent manquante floue, dédoublée ou décalée d'un tour à l'autre : roue phonique fissurée, desserrée ou voilée, jeu au nez de vilebrequin.
- Signal propre à froid qui s'efface à chaud : bobine qui s'ouvre en se dilatant — la panne intermittente reine de l'inductif, invisible au multimètre statique et qui ne se prend qu'en roulant.
Confirmer hors scope
- À l'ohmmètre, la bobine mesure quelques centaines à quelques milliers d'ohms selon le modèle : on compare à la valeur constructeur, jamais à un chiffre de mémoire.
- On contrôle l'entrefer et l'état de la roue avant de condamner le capteur, trop souvent accusé à la place de sa cible.
Sur un inductif, on ne lit pas une valeur mais une forme : un sinus qui respire avec le régime et un trou net — tout ce qui s'écarte de ça est déjà la panne.
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