Le repère PMH et la roue crantée : caler allumage et injection
Tout le calage d'un moteur part d'un unique repère : le point mort haut. La roue crantée le matérialise, la dent manquante le pointe, et à partir de ce zéro le calculateur place chaque étincelle et chaque injection au degré près. Perdez ce repère, et le moteur le plus sain ne sait plus quand agir.
La roue crantée et son zéro
- La roue phonique tourne avec le vilebrequin : 60-2 dents, soit 58 réelles plus un vide de deux, ou 36-1 selon le modèle. Ce vide est le repère angulaire de tout le système.
- Sur une roue à 60 pas, chaque dent vaut six degrés de vilebrequin : le calculateur compte les dents depuis le vide et connaît ainsi l'angle exact à chaque instant. Le repérage moteur détaille comment ce vide devient un point mort haut exploitable.
- Cette résolution fine sert aussi à mesurer les micro-variations de vitesse entre dents, base de la détection de raté de combustion.
Du repère à l'action
- Depuis le point mort haut, l'avance à l'allumage se compte en degrés avant ce repère ; l'injection se cale sur le même zéro.
- L'arbre à cames lève l'ambiguïté du cycle, quel point mort haut, tandis que le vilebrequin apporte la finesse angulaire au degré.
- Le vide n'est pas forcément aligné pile sur le point mort haut : il tombe à un décalage connu que le calculateur intègre. Ce décalage fait partie de la définition du moteur.
Au scope
- On vérifie que le vide tombe toujours au même angle mécanique, en le rapportant si besoin à un point mort haut physique repéré au comparateur sur le cylindre un.
- On superpose l'arbre à cames et le vilebrequin pour confirmer que le repère et le cylindre concordent bien, cycle après cycle.
- Un stroboscope de calage sur un moteur essence recoupe la mesure : l'avance lue doit correspondre à la commande du calculateur.
Les signatures de panne
- Vide décalé par rapport au point mort haut réel : roue phonique tournée, desserrée, mauvaise référence de pièce, ergot d'indexation cisaillé.
- Dents fantômes ou vide flou : roue fissurée, limaille collée sur le capteur, entrefer mal réglé.
- Repère instable qui vibre à l'écran : jeu mécanique, roue voilée, poulie amortisseur délaminée dont la couronne glisse.
- Comptage qui déraille par intermittence : bruit sur la ligne, blindage rompu, faisceau qui longe un câble d'allumage.
Le piège du remplacement
- Une roue phonique n'est pas toujours indexée d'une seule façon possible : montée d'un cran de travers, le moteur cale ou tourne faux sans le moindre code capteur. Le repère est bon électriquement, faux mécaniquement — le scope montre un signal propre mais mal placé.
- Sur certaines marques, remplacer le capteur impose un réapprentissage de la variation de la roue crantée, sans quoi la détection de raté part en vrille. On lit la procédure avant de rendre la voiture.
- Un amortisseur harmonique en bout de vilebrequin dont l'anneau extérieur a glissé décale le repère sans rien casser d'électrique : un piège que seul le recoupement au stroboscope démasque.
Le point mort haut est le zéro de tout le moteur : si la dent manquante ne tombe pas là où le vilebrequin la promet, aucun calage n'est juste, capteur sain ou non.
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