Le signal d’allumage primaire au scope : dwell et pic d’induction
Le primaire d'allumage raconte deux choses dans une seule image : le temps de charge, le dwell, et le coup de fouet à la coupure. Le plateau de charge, puis le pic d'induction — quelques centaines de volts — sont la signature d'une bobine qui travaille vraiment. Savoir lire ces deux traits, c'est juger l'allumage sans rien démonter.
Les sections de la courbe
- Section de dwell, ou de charge : le transistor de puissance conduit, le courant primaire monte, le champ magnétique se constitue dans la bobine. C'est le temps offert à la bobine pour se charger.
- La coupure : le transistor ouvre, le champ s'effondre, la self-induction lance un pic sur le primaire.
- Puis des oscillations amorties : l'énergie résiduelle non consommée dans l'étincelle se dissipe dans le circuit.
Le pic d'induction, chiffré
- À la coupure, le primaire grimpe à quelques centaines de volts, typiquement de 250 à 380 volts. On règle donc le scope sur un calibre de l'ordre de 400 volts pour le capturer sans écrêter.
- Ce pic doit être présent et régulier à chaque cycle. Avec un rapport de transformation de 1 pour 50 à 1 pour 100, il se traduit par des dizaines de kilovolts au secondaire.
- Un pic qui plafonne trop bas signale une bobine qui ne stocke plus, un primaire en court partiel, ou une alimentation chutée.
Lire le dwell et le courant
- Le dwell est le temps de conduction, le temps de charge. Trop court, la charge est incomplète et l'étincelle faiblit à haut régime, et le plateau de courant, s'il sature tôt et s'aplatit, montre au contraire une bobine chargée avant l'heure.
- À la pince ampèremétrique, on lit la rampe de courant primaire monter puis souvent se limiter à quelques ampères : beaucoup de montages régulent le courant, et le plateau s'aplatit alors à la valeur cible, ce qui est parfaitement normal.
- Le calculateur allonge le dwell quand la tension batterie chute, pour charger la bobine autant : un dwell qui s'étire à froid, démarreur en action, est attendu.
- La forme du courant est aussi parlante que la tension : une rampe molle trahit une bobine ou une alimentation fatiguée.
Les signatures de panne
- Pas de pic d'induction du tout : bobine coupée, ou transistor de puissance mort, qu'il soit dans la bobine crayon ou dans le module d'allumage.
- Pic faible : primaire en court partiel, alimentation de bobine qui a chuté, masse douteuse.
- Dwell erratique, irrégulier d'un cycle à l'autre : commande du calculateur ou de l'allumeur défaillante, connexion intermittente.
- Oscillations d'après-pic absentes : primaire ou condensateur en défaut, énergie qui ne circule plus.
- Pic franc mais moteur qui rate quand même : le défaut est passé côté secondaire, bougie ou faisceau haute tension, et c'est là qu'il faut porter la sonde suivante.
Prudence
- Le primaire porte des centaines de volts : sonde adaptée, calibre adapté, jamais de contact à main nue sur ces lignes, et une masse de sonde propre pour ne pas fausser la lecture.
- Sur une bobine crayon, on accède au primaire par un cordon dérivé ou une boîte de coupure ; on compare alors chaque cylindre au même point pour repérer l'intrus.
Charge puis décharge : un plateau de dwell propre et un pic d'induction franc, et la bobine fait son métier — l'un des deux qui manque, et l'étincelle est déjà perdue.
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