DAMOS et le mappack : décrire une cartographie
La fiche Les fichiers de définition : DAMOS, A2L, mappack pose le vocabulaire. Celle-ci se concentre sur le duo DAMOS + mappack du point de vue du travail réel : décrire une cartographie, la rendre lisible, et transporter ce travail d'un fichier à l'autre.
Le DAMOS : le dictionnaire Bosch
Le DAMOS est un fichier de description propriétaire Bosch : le dictionnaire du binaire brut. Pour chaque élément, il fournit l'adresse, le type de donnée, la mise à l'échelle (facteur et offset), les axes et les unités. C'est le précurseur, moins standardisé, de l'A2L : là où l'A2L est une norme ASAM lisible par de nombreux outils, le DAMOS est un export optimisé pour l'écosystème d'édition, notamment WinOLS.
Le DAMOS est complet : comme l'A2L, il décrit l'ensemble des paramètres du firmware, pas seulement ceux qui intéressent le motoriste. C'est sa force — rien n'est caché — et la raison pour laquelle il ne circule pas librement.
Le mappack : l'extrait portable
Un mappack (souvent une extension .kp) est un jeu de fichiers de définition qui rend visibles et modifiables les cartographies d'un calculateur précis. C'est un ensemble d'instructions de lecture : localisation des cartos, facteurs et offsets, description des axes, libellés. Il ne contient aucun logiciel moteur — uniquement de quoi interpréter le binaire. Par rapport au DAMOS d'origine, le mappack est l'extrait des cartos utiles au réglage, souvent traduit et nommé en clair.
Un projet .OLS est le niveau au-dessus : c'est le dossier de chantier de WinOLS, qui réunit le fichier original, les définitions de cartos et toutes les modifications de l'opérateur. Dans l'univers TunerPro, l'équivalent du mappack est le fichier XDF.
WinOLS sait importer un DAMOS ou un A2L pour nommer automatiquement les cartos d'un projet, et gère ses propres formats (OLS, OLSX). Là est le partage des rôles : le DAMOS et l'A2L viennent du bureau d'études, le mappack est l'extrait de travail, le projet OLS garde la trace de ce qui a été fait. Un point à ne pas confondre : définir les cartos et gérer le checksum du fichier sont deux préoccupations distinctes — la première rend le fichier lisible, la seconde relève de la validité de l'image ; voir qu'est-ce qu'un checksum.
La hiérarchie à garder en tête :
A2L / DAMOS = le plan d'architecte complet · Mappack (.kp) = l'extrait des cartos utiles · .OLS = le dossier de chantier · .XDF = le mappack version TunerPro.
Ce qu'un motoriste en fait
Avec un DAMOS ou un mappack chargé sur le binaire, le motoriste voit les cartos par leur nom au lieu d'une bouillie d'octets : consigne d'injection, cartographie d'avance, consigne de suralimentation, limiteurs de couple, seuils de régénération. Il peut alors lire une carto, comprendre ses axes, et l'ajuster dans un éditeur de cartographies. Le mappack ne modifie rien par lui-même : c'est une clé de lecture, pas une intervention. Voir lire une cartographie.
Ce que le reprogrammateur doit savoir
- La correspondance de version est non négociable. Un mappack doit correspondre à la version logicielle et matérielle exacte du binaire. Collé sur la mauvaise version, il pointe des adresses décalées : on édite des octets qui ne sont pas ce que l'étiquette annonce. C'est la faute la plus coûteuse — et la plus silencieuse, car le fichier « a l'air bon ».
- La qualité de la source compte. Un DAMOS d'origine est fiable et complet ; un mappack communautaire peut être partiel, approximatif, ou fait pour une variante voisine. Douter d'un mappack, c'est déjà bien travailler.
- La portabilité est le vrai levier économique. Si l'on dispose d'un projet aux cartos soigneusement définies et que l'on retrouve un autre véhicule au même calculateur et à la même version, on exporte le mappack et on l'importe dans le nouveau projet. Le travail de définition est capitalisable : c'est ce qui distingue un atelier qui accumule un savoir réutilisable d'un atelier qui repart de zéro à chaque fois. Encore faut-il que les deux fichiers partagent exactement la même version : un mappack conçu pour une révision voisine peut sembler s'appliquer alors que quelques adresses ont bougé. Les fonctions de recherche et de comparaison d'un éditeur aident à réaligner un mappack sur un binaire légèrement différent, mais le résultat se vérifie carte par carte avant d'écrire quoi que ce soit.
- Définir n'est pas modifier. Rendre une carto lisible ne dit rien de la pertinence d'un réglage. La définition ouvre le fichier ; le jugement du motoriste décide de ce qui se touche — et de ce qui reste intact. La détection des zones de calibration et une lecture propre du fichier restent le socle, quel que soit le mappack.
En résumé, le DAMOS et le mappack sont les lunettes qui rendent le binaire lisible. Encore faut-il qu'elles soient à la bonne correction — c'est-à-dire à la bonne version. Un mappack juste sur la mauvaise version est plus dangereux qu'une absence de mappack, parce qu'il inspire une confiance injustifiée.
Voir aussi les fichiers de définition, l'A2L en détail et les éditeurs de cartographies.
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