La bobine d'allumage : charge, décharge et énergie d'étincelle

La bobine d'allumage transforme les douze volts du bord en plusieurs dizaines de milliers de volts, le temps d'une étincelle. C'est un transformateur élévateur à impulsion : deux enroulements autour d'un noyau de fer feuilleté ou de ferrite. Le primaire compte peu de spires de gros fil ; le secondaire en compte un très grand nombre, en fil fin. Le rapport de transformation se situe typiquement entre 1:80 et 1:150. Les formes que prend ce composant — bobine unique à distributeur, bloc, rampe, crayon posé sur la bougie — sont détaillées dans la bobine d'allumage : crayon, bloc et rampe ; la présente fiche s'attache au principe électrique commun à toutes : le cycle charge-décharge et l'énergie délivrée.

CAPTEURS Régime moteurPosition camesDébit et temp. airPression suralim.Temp. eauPédaleLambdaCliquetis CALCULATEURmesure · décide · commande cartographies + programme ACTIONNEURS InjecteursBobinesWastegate / VGTPapillonVanne EGRPompe HPDosage AdBlueVentilateurs boucle fermée : l'effet est mesuré, la commande est corrigée
La boucle de régulation, plusieurs dizaines de fois par tour de vilebrequin

Le principe charge-décharge

Contrairement à une idée répandue, la bobine ne « fabrique » pas de tension en continu. Elle fonctionne en deux temps :

La coupure crée la haute tension

Le point est capital et souvent mal compris : c'est la coupure du courant, et non son établissement, qui crée la haute tension. Tant que le courant circule, rien ne sort au secondaire ; c'est l'effondrement rapide du champ qui induit l'impulsion. Plus la coupure est franche, plus la tension monte haut. Toute la commande d'allumage se résume donc à deux décisions — combien de temps charger et à quel instant couper — développées dans la commande d'allumage et le pilotage du courant primaire.

L'énergie d'étincelle

L'énergie délivrée se compte en millijoules : de l'ordre de 30 à 100 mJ sur une bobine classique, davantage sur les bobines à haute énergie des moteurs suralimentés. Elle doit suffire à enflammer le mélange dans toutes les conditions — démarrage à froid, mélange pauvre, forte dilution par les gaz recirculés. Au ralenti et à faible charge, certaines gestions déclenchent plusieurs étincelles successives (multi-charge) sur le même temps moteur pour fiabiliser l'inflammation quand la combustion est instable ; à haut régime, le temps manque et l'on revient à une étincelle unique.

Ce qui détermine l'énergie réellement délivrée

L'énergie stockée dépend directement du courant atteint au moment de la coupure. Trois facteurs le conditionnent :

Ce que la bobine impose au reste du système

À vide, une bobine moderne offre une réserve de tension de 30 à 40 kV, parfois davantage. Elle n'en produit jamais autant en réalité : l'arc s'amorce dès le seuil d'ionisation franchi, souvent bien plus bas. Cette réserve sert de marge quand la pression cylindre monte, quand l'écartement s'ouvre avec l'usure ou quand le mélange s'appauvrit ; le détail est traité dans la tension secondaire. Sur les bobines-crayon, chaque cylindre disposant de sa propre bobine, on peut aller plus loin : dwell et avance propres à chaque cylindre, et — sur certaines gestions — lecture du courant d'ionisation à travers la bougie une fois l'étincelle passée (voir la sonde ionique).

Ce qui fatigue une bobine

La bobine vit dans un environnement hostile : chaleur, vibrations, humidité. Ses points faibles :

Une bobine faiblissante se traduit par des ratés d'allumage sous charge, parfois par un cylindre qui se coupe franchement. La méthode pour trancher entre bobine, bougie, faisceau et cause mécanique est décrite dans le diagnostic du circuit d'allumage.

Voir aussi la bobine d'allumage : crayon, bloc et rampe, la commande du courant primaire et la tension secondaire.


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