Le capteur d’arbre à cames : la synchronisation cylindre
Le vilebrequin dit où on est dans le tour ; il ne dit pas dans quel tour. Le cycle quatre temps fait deux tours de vilebrequin pour un seul tour d'arbre à cames. Le capteur d'arbre à cames lève cette ambiguïté : il désigne le cylindre. Sans lui, l'injection séquentielle et l'allumage individuel ne savent tout simplement pas qui servir.
Pourquoi il existe
- Sur deux tours de vilebrequin, le point mort haut du cylindre un en compression et celui en échappement sont identiques vus du vilebrequin seul. L'arbre à cames tranche : combustion d'un côté, croisement de l'autre.
- Toute la reconnaissance de cylindre repose sur ce croisement entre le repère vilebrequin et le front de came. Perdez-le en roulant, le moteur continue souvent ; perdez-le au démarrage, il cherche.
La signature
- Le plus souvent un Hall : un créneau, un ou plusieurs fronts par tour d'arbre à cames, formant un motif codé — des largeurs différentes — qui identifie la position dans le cycle.
- Certaines cibles portent des plots inégaux, ou une simple demi-lune, ce qui donne une suite de créneaux longs et courts : c'est ce motif qu'il faut apprendre à reconnaître avant de crier à la panne.
- Amplitude constante, comme tout Hall, et fréquence deux fois plus lente que le signal vilebrequin. Un rare capteur d'arbre à cames est inductif et rend un sinus, mais son rôle de repérage reste identique.
Au scope, en corrélation
- On affiche l'arbre à cames et le vilebrequin sur deux voies : c'est le seul moyen honnête de vérifier la phase, jamais une voie seule.
- On repère le front de came par rapport à la dent manquante du vilebrequin. Il doit tomber exactement à la même place à chaque cycle, sans glisser d'un cran.
- On sonde les deux connecteurs par l'arrière et on cale le déclenchement sur le vilebrequin, plus rapide, pour figer l'image et lire le décalage au degré.
Attention au calage variable
- Sur un moteur à calage d'arbre à cames variable, la position du front de came se déplace volontairement quand le déphaseur est commandé. Ce décalage-là est normal : ne le confondez pas avec un défaut.
- On juge donc la phase déphaseur au repos, puis on observe comment elle évolue sous commande, cohérente avec la consigne du calculateur.
Les signatures de panne
- Front de came qui se décale d'un cycle sur l'autre : distribution qui a sauté, cible desserrée sur le nez d'arbre à cames.
- Motif codé incomplet, un créneau qui manque : plot de cible cassé, entrefer trop grand, cible corrodée.
- Signal totalement mort : le démarrage reste souvent possible mais long, le calculateur cherchant le bon cylindre par balayage, et un léger raté au calage trahit ce mode dégradé.
- Signal sale, hérissé de pointes : parasite d'allumage capté par un blindage rompu, ou jeu mécanique à l'arbre.
- Un capteur neuf mais un défaut qui persiste renvoie presque toujours à la mécanique : entrefer trop grand, cible desserrée, distribution en bout de course. On contrôle le serrage et la position de la cible avant de suspecter le calculateur.
Le vilebrequin donne l'angle, l'arbre à cames donne le cylindre — et cette synchronisation ne se juge qu'en superposant les deux courbes, jamais sur une seule.
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