Le capteur inductif contre le capteur actif : reconnaître et diagnostiquer
Avant même de dégainer le scope, une question tranche tout le reste : inductif ou actif ? L'un fabrique lui-même son signal, l'autre doit être nourri. Se tromper de famille, c'est chercher une alimentation qui n'existe pas, ou coller l'ohmmètre sur un capteur qui n'a pas de bobine. On identifie d'abord, on branche ensuite.
Reconnaître la famille
- Inductif, passif, à réluctance variable : deux fils, parfois un blindage en plus, aucune alimentation. À l'intérieur, une bobine autour d'un aimant.
- Actif, à effet Hall ou magnéto-résistif : trois fils — alimentation, masse, signal. À l'intérieur, une puce électronique qui a besoin d'être alimentée pour vivre.
- Règle de terrain : deux fils sans alimentation, c'est un inductif ; trois fils avec alimentation, c'est un actif. Le blindage peut fausser le comptage, alors on repère les fils réellement actifs au connecteur.
Les signatures opposées
- Inductif : un sinus, amplitude proportionnelle à la vitesse, et rien du tout à l'arrêt ou à très bas régime. Un sinus qui grandit avec le régime est sa carte d'identité.
- Actif : un créneau, ou un courant modulé, d'amplitude constante, capable de lire jusqu'à l'arrêt. On règle le scope de zéro à cinq volts, ou l'on sort la pince ampèremétrique pour voir les paliers de courant.
- L'un ne lit rien à l'arrêt, l'autre lit tout : cette différence à elle seule oriente déjà la moitié des pannes.
Diagnostiquer chacun à sa manière
- Inductif : ohmmètre sur la bobine — quelques centaines à quelques milliers d'ohms, à comparer à la doc — puis volts alternatifs en faisant tourner, et contrôle de l'entrefer.
- Actif : on vérifie d'abord l'alimentation et la masse au connecteur. Le 5 volts absent rend un capteur parfaitement sain totalement muet, et le signal ne se juge qu'ensuite, capteur alimenté.
- On ne met jamais l'ohmmètre sur la sortie d'un actif : il n'y a pas de bobine, et la mesure n'a aucun sens, quand elle ne perturbe pas la puce.
- Tester un actif hors véhicule suppose de le réalimenter à la bonne tension au banc : sans alimentation correcte, il ne dira rien, même neuf.
Les signatures de panne, par famille
- Inductif : amplitude faible, c'est l'entrefer ou la roue ; coupure à chaud, c'est la bobine qui s'ouvre en se dilatant.
- Actif : plus de créneau, c'est l'alimentation ou la masse avant tout ; ou une cible démagnétisée.
- Communes aux deux : une bague codeuse ou une roue phonique fissurée donne un signal sale et une panne fantôme, présente par intermittence, qui ne se prend qu'en dynamique.
- Le blindage et sa masse comptent autant que le signal : une masse de blindage rompue transforme un bon capteur en source de bruit.
Pourquoi ça change tout
- La méthode de test, la forme attendue au scope, la liste des pannes probables : tout dépend de la famille. On la détermine avant de brancher le premier fil, sous peine de perdre une heure sur une fausse piste.
- Le nombre de fils, la présence d'une alimentation et l'allure du signal à l'arrêt suffisent à trancher en trente secondes, avant même de sortir la doc.
Deux fils qui génèrent, trois fils qu'on nourrit : identifiez la famille d'abord, et chaque capteur livre sa panne par la bonne porte.
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