Les EEPROM série : 24C, 93C et 95
Ce sont les puces les plus manipulées de l'atelier après les calculateurs eux-mêmes : de petites mémoires à huit broches, présentes dans les tableaux de bord, les modules antidémarrage, les airbags, les autoradios. Savoir les lire, c'est savoir accéder à l'identité d'un véhicule.
Trois familles, trois bus
Elles se répartissent en trois familles, chacune sur son bus — sa façon de dialoguer :
- 24C (24C02, 24C16, 24C64…) : bus I²C, deux fils de signal (SDA données, SCL horloge). La plus répandue.
- 93C (93C46, 93C66, 93C86…) : bus Microwire, dit « trois fils » — horloge, entrée D et sortie Q sont des broches distinctes, plus une ligne de sélection CS : quatre broches de signal en réalité.
- 95 / 25 (95040, 95160, 95320…) : bus SPI, quatre fils. Chez STMicroelectronics, la référence commence par M95.
Plus il y a de fils, plus le dialogue est rapide, mais le principe reste identique : lire et écrire des octets.
Le piège des capacités
On lit souvent que « le numéro donne les kilobits ». C'est vrai pour une seule famille sur trois — et cette confusion fait perdre du temps :
| Famille | Règle | Exemples |
|---|---|---|
| 24C | le nombre est la capacité en kbit | 24C02 = 2 kbit · 24C64 = 64 kbit |
| 93C | codage propre, à connaître | 93C46 = 1 kbit · 93C56 = 2 · 93C66 = 4 · 93C76 = 8 · 93C86 = 16 kbit |
| 95 / 25 | on retire le zéro final jusqu'à 640 | 95040 = 4 kbit · 95160 = 16 kbit · 95640 = 64 kbit |
| 95 / 25 | puis lecture directe à partir de 128 | 95128 = 128 kbit · 95256 = 256 kbit |
Pour mémoire : 8 kilobits = 1 kilo-octet. Un 95160 fait donc 16 kbit, soit 2 ko.
La broche ORG des 93C
Particularité qui piège : une 93C peut être organisée en mots de 8 bits ou de 16 bits selon l'état de la broche ORG. La même puce se lit donc de deux façons différentes, et un dump pris dans la mauvaise organisation paraît incohérent. À vérifier avant toute écriture.
Ce qu'elles contiennent
Ces mémoires gardent l'identité et les données apprises :
- le code d'antidémarrage et son appairage,
- le VIN,
- le kilométrage dans certains tableaux de bord,
- les codages et adaptations,
- dans un module airbag, l'historique de crash (le fameux « crash data » qui bloque un calculateur d'occasion).
Comment on les lit
Selon le boîtier et l'accessibilité, on lit une EEPROM série :
- en place, à la sonde ou au clip, quand les broches sont accessibles ;
- au programmateur, la puce dessoudée, pour les cas difficiles ;
- via l'outil de reprogrammation, qui sait dialoguer avec elle à travers le calculateur.
Le boîtier dicte la méthode — voir les boîtiers. Et attention : le brochage exact dépend du fabricant, on vérifie toujours le datasheet avant de souder.
Le piège du « crash data »
Un module airbag d'occasion qui refuse de s'effacer garde souvent en EEPROM le souvenir d'un choc. Tant que cette donnée n'est pas remise en cohérence, le voyant reste. Ce n'est pas un défaut électrique : c'est une valeur mémorisée, exactement comme le compteur d'un FAP.
La Boîte à outils identifie la puce à partir de sa référence : famille, bus, capacité. Pratique pour savoir à quoi on a affaire avant même de sortir le fer.
Voir aussi l'antidémarrage et le VIN dans le calculateur.
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