Les grandeurs et unités du métier : mg par coup, newton-mètre, bar et microseconde

Une cartographie et un datalog ne parlent qu'une langue : celle des grandeurs physiques. Avant de raisonner sur des chiffres, il faut savoir ce que chaque unité mesure, quel ordre de grandeur est normal, et quels pièges elle recèle. C'est le vocabulaire de base de toute lecture, complémentaire du vocabulaire de la richesse.

LAMBDA ET AFR : L'ÉCHELLE DE LA RICHESSE RICHE PAUVRE λ = 1 AFR 14,7 pour l'essence — le point stœchiométrique
Lambda : autour de 1, le point stœchiométrique

Le tableau de référence

GrandeurUnitéCe qu'elle mesureOrdre de grandeur courant
Quantité injectéemg/coupmasse de carburant par coup et par cylindreralenti diesel ~5 à 10 ; pleine charge ~50 à 70
CoupleNmeffort à l'arbreselon moteur, de quelques dizaines à plusieurs centaines
Avance°vilebrequinangle d'allumage avant le point mort hautquelques degrés à ~40 selon charge et régime
Angle d'injection°vilebrequinmoment de l'injectionselon phase, avant le point mort haut
Pression de suralim.kPa ou barpression dans l'admissionatmosphérique ~100 kPa ; suralim. bien au-delà
Pression de rampebarpression du common rail~250 au ralenti à 2 000 et plus en charge
Durée d'injectionµs ou mstemps d'ouverture de l'injecteurde quelques centaines de µs à quelques ms
Régimetr/minrotation du vilebrequinralenti ~700 à 900 ; zone rouge selon moteur
Masse d'airmg/coup ou kg/hair admisselon charge
Richesselambda / AFRrapport air-carburantlambda 1 = AFR 14,7 pour l'essence
Commande d'actionneur%rapport cyclique ou position0 à 100 %
Correction / trim%écart appliqué à une baseautour de 0, plage bornée

Ces ordres de grandeur ne sont pas des cibles : ce sont des repères pour flairer l'aberration. Une durée d'injection de plusieurs dizaines de millisecondes, une pression de rampe négative, un couple de plusieurs milliers de newton-mètres ne sont pas des mesures mais des erreurs de lecture — mauvaise échelle, mauvais signe, comme l'explique facteur d'échelle et offset.

Le milligramme par coup

C'est l'unité reine du diesel. La grandeur de commande n'est pas un volume ni un débit horaire, mais une masse par coup et par cylindre. Elle sert aussi à exprimer l'air admis, ce qui permet de raisonner directement en rapport air-carburant. Le passage de cette masse à une durée d'ouverture, via la pression de rampe, est tout le sujet de IQ, rampe et microsecondes.

Le newton-mètre, une grandeur calculée

Le couple s'exprime en newton-mètres, mais aucun véhicule de série ne le mesure : il l'estime par un modèle. Un couple affiché est donc un calcul, jamais une lecture directe — un point si important qu'il a sa fiche, pourquoi les Nm en log sont faux. Certaines gestions affichent d'ailleurs un pourcentage de couple plutôt qu'une valeur absolue : pourcentage du couple maximal admissible du moment, ce qui n'est pas la même référence d'un instant à l'autre.

Le bar : absolu ou relatif, le piège permanent

La pression est la source d'erreur numéro un, parce qu'elle se donne de deux façons :

Un « boost » annoncé « à 1 bar » ne veut donc rien dire sans préciser la convention : 1 bar absolu, c'est presque rien ; 1 bar relatif, c'est le double de l'atmosphère. Les consignes de suralimentation sont le plus souvent en absolu, ce qui explique qu'elles se compensent naturellement en altitude — voir consigne et limite de suralimentation. Comparer deux logs sans vérifier laquelle des deux conventions chacun emploie est une erreur classique. On rappelle l'équivalence utile : 1 bar ≈ 100 kPa ≈ 1 000 mbar.

La microseconde et le degré vilebrequin

La durée d'injection se compte en microsecondes — millionièmes de seconde — parce qu'une pré-injection peut ne durer que quelques centaines de microsecondes. Une durée seule ne dit rien : à même durée, une rampe plus pressurisée injecte davantage. Il faut toujours la lire avec la pression.

Le degré vilebrequin situe un événement dans le cycle : l'avance à l'allumage, l'angle d'injection s'expriment ainsi, comptés avant le point mort haut. C'est une position angulaire, pas une durée ; à régime plus élevé, un même angle correspond à un temps plus court.

Le lambda et le rapport cyclique

Le lambda vaut 1 au point stœchiométrique, en dessous en mélange riche, au-dessus en mélange pauvre ; il se convertit en rapport air-carburant en le multipliant par la valeur stœchiométrique du carburant — 14,7 pour l'essence. Sa lecture fine est dans lambda et AFR. Le rapport cyclique, en pourcentage, exprime la commande d'un actionneur piloté par le temps — décrit dans la commande PWM : 0 % au repos, 100 % en pleine commande, sans que ce pourcentage soit proportionnel à un débit.

Pourquoi les unités sont une compétence

Maîtriser les unités n'est pas cosmétique : c'est ce qui permet de repérer l'absurde, de comparer deux logs sans se tromper de convention, et de décrire au motoriste une observation dans la bonne grandeur. « La rampe consigne 1 600 bar, la mesure suit à 1 100 » est exploitable ; « ça pousse pas » ne l'est pas. Le reste — relier ces grandeurs au calcul de la charge — est traité dans le rendement volumétrique.

Voir aussi le vocabulaire de la richesse, IQ, rampe et microsecondes et facteur d'échelle et offset.


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