L'amorçage du catalyseur à froid (light-off)
Un point mal connu, mais essentiel pour comprendre pourquoi les moteurs se comportent bizarrement les premières minutes.
Le catalyseur ne travaille qu'à chaud
Un catalyseur n'accomplit ses réactions chimiques qu'au-dessus d'une certaine température d'amorçage — son light-off, de l'ordre de quelques centaines de degrés. En dessous, il est quasiment inactif.
Conséquence directe : juste après un démarrage à froid, quand le catalyseur est encore froid, le moteur émet l'essentiel de ses polluants de tout le trajet. Réduire ce moment est un enjeu majeur d'homologation.
Les stratégies pour chauffer vite
Le calculateur applique, à froid, des réglages spécifiques dont le but est de monter le catalyseur en température le plus vite possible :
- Retarder l'allumage sur essence : une combustion volontairement tardive envoie des gaz plus chauds vers l'échappement, ce qui chauffe le catalyseur au lieu de produire du couple.
- Élever le régime de ralenti à froid, pour augmenter le débit de gaz chauds.
- L'injection d'air secondaire, sur certains moteurs : on injecte de l'air frais dans l'échappement pour y faire brûler les imbrûlés et dégager de la chaleur.
C'est pourquoi, moteur froid, le ralenti est plus haut et le comportement un peu différent : le moteur se réchauffe volontairement, il ne dysfonctionne pas.
Ce que ça implique en diagnostic et en usage
- Un moteur qui fait beaucoup de trajets courts ne laisse jamais le catalyseur — ni le FAP — atteindre sa température de travail. Les émissions restent élevées et les organes s'encrassent. Ce n'est pas une panne, c'est un usage inadapté.
- Certains codes liés à l'efficacité du catalyseur (P0420 et voisins) sont à interpréter en tenant compte de cette réalité thermique. Voir la sonde lambda amont/aval et le catalyseur et le SCRF.
Voir aussi la dépollution expliquée.
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