Le balayage (scavenging) : de l'air frais dans l'échappement des petits turbos essence

L'idée : un courant d'air à travers le cylindre

Sur un moteur suralimenté à petit turbo, à bas régime et forte charge, la pression d'admission peut dépasser la contre-pression d'échappement. Si, à cet instant, les déphaseurs d'arbres à cames ouvrent un large croisement — échappement pas encore fermé, admission déjà ouverte —, l'air frais traverse le cylindre et file dans l'échappement pendant quelques dizaines de degrés vilebrequin. C'est le balayage, ou scavenging, remis au goût du jour par les downsizés à injection directe : les trois cylindres EcoBoost de Ford ou les TSI du groupe VW l'ont exploité pour offrir un couple de diesel dès 1 500 tr/min.

AdmissionP adm > P echCroisementair frais traverseEchappementO2 + imbrulesTurbinepost-combustion, spoolsonde: 2 lambdas pour 1 fluxlambda cylindre (modele) vs lambda echappement (mesure)
Balayage: air frais vers l echappement

Trois effets d'un seul geste

Le piège de mesure : deux lambdas pour un seul flux

Pendant le balayage, la sonde voit un mélange composite : des gaz de combustion riches plus de l'air frais en transit. Elle peut lire lambda 1, voire pauvre, alors que la combustion dans le cylindre est franchement riche. Le calculateur manipule donc deux grandeurs distinctes : le lambda cylindre, modélisé, qui protège pistons et soupapes, et le lambda échappement, mesuré. L'injection directe est ici indispensable : elle permet d'injecter après la fermeture de la soupape d'échappement, pour ne pas envoyer de carburant pur dans la ligne. Quiconque lit un datalog sans connaître ce mécanisme « corrige » une richesse imaginaire — et casse l'équilibre. Toujours regarder ensemble : lambda mesuré, cible cylindre, positions des déphaseurs.

Ce qui l'encadre

Le balayage a un coût. L'exothermie dans le collecteur et la turbine doit rester bornée ; le catalyseur reçoit un mélange d'oxygène et d'imbrûlés qui bouscule la fenêtre de travail du catalyseur trois voies et son stockage d'oxygène ; les HC et les particules émis pendant ces phases comptent désormais dans les bilans mesurés sur route. Les calibrations Euro 6d ont donc réduit la voilure : zone étroite (bas régime, forte charge), durées courtes, conditions thermiques strictes. La généralisation du GPF a fini de calmer le jeu — le balayage moderne est un outil de précision, plus un mode de fonctionnement permanent.

Le regard du reprogrammateur

La zone de balayage est une zone à respecter, pas un terrain de jeu. Monter la charge à bas régime modifie le différentiel de pression admission/échappement, donc l'ampleur du balayage : on crée des symptômes fantômes — cibles de suralimentation apparemment manquées, richesses en apparence incohérentes, températures de collecteur qui grimpent. Avant de conclure à un défaut ou de retoucher quoi que ce soit, mesurer : positions de déphaseurs, lambda cible cylindre, pressions amont et aval. Et ne jamais étendre la fenêtre de balayage sans instrumentation de température d'échappement : l'exothermie de collecteur ne pardonne pas. Voir aussi l'enrichissement de protection composant et la sous-pression de suralimentation.


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