Le capteur de position de came d’échappement et la distribution variable double
« Un capteur d’arbre à cames par moteur. » Faux, sur tout moteur à distribution variable double. Il y en a deux, et celui de l’échappement, le plus oublié, met le moteur en défaut de corrélation quand il flanche.
Deux arbres, deux déphaseurs, deux capteurs
- Sur une distribution variable double, double VANOS, dual VVT, Ti-VCT et cousins, l’admission et l’échappement ont chacun leur déphaseur, piloté indépendamment.
- Piloter un déphaseur en boucle fermée suppose de connaître sa position réelle. D’où un capteur de position dédié sur chaque arbre, y compris l’échappement.
- Le calculateur compare la consigne de calage et la position mesurée, et corrige via l’électrovanne de commande d’huile du déphaseur.
Pourquoi l’échappement aussi
- Déphaser l’arbre d’échappement permet de gérer le croisement des soupapes, donc l’EGR interne, des gaz brûlés réadmis, sans vanne dédiée.
- C’est un levier de rendement et de dépollution : moins de NOx, meilleure combustion à charge partielle, ralenti plus propre.
- Sans mesure fiable de la came d’échappement, cette stratégie devient aveugle et le calculateur se replie sur un calage fixe, prudent et moins efficace.
La techno et la corrélation
- Le capteur est le plus souvent à effet Hall, parfois magnétorésistif : il lit une cible dentée solidaire de l’arbre et délivre un train d’impulsions numériques.
- Le calculateur décode la position à partir du motif des dents, toujours en relatif par rapport au vilebrequin. C’est la corrélation vilebrequin-came : les deux signaux doivent rester cohérents.
- Lire ce signal fin se fait au mieux à l’oscilloscope : fronts nets, motif régulier, aucune impulsion manquante.
Sa panne
- Un capteur de came d’échappement défaillant, ou une cible encrassée, casse la boucle fermée du déphaseur : ralenti instable, perte d’agrément et de rendement, parfois refus de démarrage si la synchronisation est perdue.
- Les codes tombent dans la famille de la position et de la corrélation de la came d’échappement, autour de P0014 et P0019 selon le banc, à ne pas confondre avec la came d’admission.
- Piège : le vrai fautif est souvent en amont du capteur, électrovanne de commande d’huile encrassée, déphaseur usé, huile sale. Le capteur dit vrai ; c’est l’actionneur qui n’obéit pas.
Ne pas le confondre avec l’admission
- Sur ces moteurs, un défaut de came peut viser l’admission ou l’échappement. Lire précisément le code, avec son banc et son repère, évite de déposer le mauvais déphaseur ou le mauvais capteur.
- Les deux capteurs se ressemblent mais ne sont pas interchangeables : chacun est calé sur sa cible et sur sa position dans le motif de dents.
- Le déphaseur d’échappement est mû par la pression d’huile, dosée par son électrovanne ; le capteur ferme la boucle. Sans lui, impossible de savoir si l’arbre a réellement tourné à la consigne.
- Au démarrage, le calculateur recale came et vilebrequin pour savoir dans quel cycle il se trouve : la cohérence des deux signaux conditionne l’injection séquentielle et l’allumage.
- Symptôme typique et fuyant : un ralenti qui oscille et un léger manque à froid, qui s’estompent une fois l’huile chaude et le déphaseur enfin obéissant. Le capteur, lui, n’y est parfois pour rien.
- Avant de remplacer quoi que ce soit, on contrôle donc l’électrovanne de commande d’huile, son filtre, et la propreté de l’huile : la plupart des défauts de calage de came viennent de là, pas du capteur.
- On profite de la lecture pour comparer les deux cames : si l’admission suit sa consigne et pas l’échappement, le problème est bien du côté du déphaseur qui traîne, mesuré par son capteur.
Compter les capteurs d’arbre à cames avant de conclure : sur une distribution double, celui de l’échappement existe, travaille, et tombe en panne comme les autres.
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