Les monitors OBD et l'IUPR : comment le calculateur prouve qu'il se surveille

Surveiller la dépollution est une obligation légale

Depuis l'EOBD — 2001 pour l'essence, 2004 pour le diesel —, un calculateur doit détecter toute défaillance qui ferait dépasser les seuils OBD d'émissions, allumer le témoin MIL et mémoriser le défaut. La mécanique des codes est bien connue des ateliers ; ce qui l'est moins, c'est l'organisation des surveillances elles-mêmes — les monitors — et la façon dont le législateur vérifie qu'elles tournent vraiment ailleurs que sur un banc d'homologation.

Trajet qualifiantdenominateur +1Numerateurtests conclusDenominateurtrajets validesIUPR >= 0,3361 fois / 3 trajetssurvit aux effacements de codes (mode 09)
IUPR: prouver que la surveillance tourne

Monitors continus et monitors sur conditions

Deux familles cohabitent :

Le readiness : une photo depuis le dernier effacement

Les indicateurs de readiness disent si chaque monitor a conclu depuis le dernier effacement mémoire. Effacer les codes ou débrancher la batterie remet tout à « non conclu » ; il faut ensuite rouler dans les bonnes conditions pour que chaque test s'exécute, et les monitors exigeants — catalyseur, thermostat — peuvent réclamer plusieurs trajets typés. C'est une information d'instantané : utile, mais insuffisante pour prouver quoi que ce soit sur la durée.

L'IUPR : la preuve statistique

D'où l'IUPR — In-Use Performance Ratio — exigé par la réglementation européenne comme par la californienne. Pour chaque monitor, un numérateur (nombre de fois où le test a réellement conclu) est divisé par un dénominateur (nombre de trajets où les conditions générales étaient réunies). Le dénominateur général s'incrémente quand un trajet comporte au moins 600 secondes de fonctionnement moteur, au moins 300 secondes cumulées au-dessus de 40 km/h et un ralenti continu d'au moins 30 secondes — hors très haute altitude et grand froid. Exigence Euro 6 : un ratio d'au moins 0,336 pour la plupart des monitors, là où les débuts d'Euro 5 toléraient 0,1. Autrement dit, le catalyseur doit être réellement testé au moins une fois tous les trois trajets « normaux ». Ces compteurs se lisent par le service diagnostic dédié (mode 09) et sont conçus pour survivre aux effacements de codes — c'est précisément leur raison d'être.

À quoi ça sert en atelier

Pourquoi le législateur y tient

L'IUPR est né pour fermer une porte : celle des véhicules dont les surveillances ne s'exécutaient qu'au banc, ou jamais. C'est le pendant embarqué du RDE — prouver, compteurs à l'appui, que la dépollution est surveillée dans la vraie vie. Les contrôles de conformité en service incluent la lecture de ces ratios sur des véhicules clients pris dans le parc roulant.

Le regard du reprogrammateur

Une modification logicielle sérieuse est invisible pour cette mécanique : les monitors continuent de tourner, les compteurs de monter, le readiness de conclure. Un véhicule dont les surveillances ne concluent plus est un véhicule qui a un problème — technique ou réglementaire — et c'est exactement ce que les outils modernes savent mettre en évidence. Voir aussi le contrôle technique et les émissions en France et la démarche de diagnostic structurée.


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